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60 kilos en moins; Karen nous dit tout !

Ce mois-ci, Tangerine vous propose de découvrir un de ces parcours exceptionnels, qui ne cessera jamais de nous surprendre… Il s’agit de l’histoire de Karen qui nous relate une perte de kilos spectaculaire mais qui nous donne aussi de précieux conseils en tant que psychologue des troubles alimentaires.

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  • Karen, quel a été le plus grand challenge ou changement dans votre vie ?

Devenir enfin moi-même : reconnecter ma tête et mon corps pour qu’ils ne fassent qu’un. Pour se faire j’ai dû m’alléger de 60 Kg, passant de 120 à 60 Kg, de la taille 54 au 36/38. Ce ne fut pas une « mince » affaire mais je le regrette pas !

  • Quel a été l’élément déclencheur ? Qu’est-ce qui vous a profondément poussé à continuer et à persévérer ?

J’aimerais vous dire qu’un jour j’ai eu un déclic et que j’ai maigri comme ça, facilement mais ce ne serait pas la réalité. La vérité c’est qu’un jour j’ai constaté que ma manière de manger, ma manière de cuisiner, ma manière de bouger ne reflétaient pas celle que j’avais envie d’être.

Alors j’ai décidé de changer. Pas de maigrir. Je n’avais d’ailleurs pas d’objectif de poids ; je voulais être une maman de 30 ans bien dans sa peau et dynamique, je trouvais le challenge motivant, beaucoup plus motivant que de perdre du poids d’ailleurs !

  • Quelle profession occupez-vous aujourd’hui ? A-t-elle un lien avec votre parcours de vie ?

Au début de ma carrière je pesais encore 120 Kg. Mais rapidement mon parcours personnel a rejoint mon parcours professionnel, j’avais envie de dire à toutes les femmes mal dans leur peau ; « si je l’ai fait vous pouvez le faire aussi ! » et c’est ainsi que je me suis spécialisée dans les TCA.

Aujourd’hui je suis psychologue et coach spécialisée dans les troubles du comportement alimentaire (TCA) et troubles de l’apparence. J’accompagne les personnes qui souhaitent changer leur comportement alimentaire mais aussi et surtout leur vision d’elle-même, à trouver les réponses et solutions qui les aideront à se sentir mieux dans leur tête, dans leur assiette et dans leur corps !

  • Pensez-vous que toute personne soit capable d’un tel changement ?

 Bien sûr !! Et je ne le dis pas par démagogie mais par conviction !

J’ai appris qu’on avait tous en nous des ressources insoupçonnées qu’on exploitait mal ou pas, qu’on avait tous de la motivation mais qu’elle est fluctuante donc il faut apprendre à l’entretenir pour ne pas qu’elle s’éteigne.

Je pense aussi qu’il faut prendre le problème autrement ; ne pas chercher à perdre du poids mais chercher à être bien avec sa tête et son corps. En changeant ainsi d’objectif on se met moins de pression et par conséquent on a plus de chance d’y arriver, car perdre du poids est le moyen, pas le but !

  • Quel est le meilleur contexte ou quelles sont les conditions nécessaires à la perte de poids ?

On ne va pas se mentir cela demande de la remise en question, de l’implication et du temps.

Alors pour mettre toutes les chances de son côté il faut bien s’interroger si c’est le bon moment dans sa vie, si on n’a pas trop de souci à ce moment-là de sa vie (sinon on n’aura pas la tête à notre objectif), si on est plutôt dans une bonne période côté humeur (pour supporter les petites frustrations éventuelles, etc.

Au départ, on acquiert des comportements nouveaux (faire de courses différentes, organiser ses repas, cuisiner, aller au sport, etc.), et comme ils sont nouveaux il faut un peu de temps et de persévérance pour qu’ils rentrent dans notre « routine » et soient automatiques.

Mais bonne nouvelle : plus on y prend plaisir et plus ils s’intègrent vite à notre vie, de sorte que rapidement on se demande comment on faisait avant !

  • Qu’appréciez-vous plus aujourd’hui qu’avant ?

Ce que j’apprécie le plus aujourd’hui c’est la liberté ! Je me sens plus libre que jamais. Pas seulement parce que j’ai perdu 60 Kg, ça c’est la conséquence de mes choix pas le but ! Je me sens moi-même, j’ai (re)connecté ma tête et mon corps, on ne fait qu’un ; cette aventure intérieure et extérieure m’a permis de mieux me comprendre et mieux me connaître.

 

  • Que diriez-vous finalement à celles qui pensent à ce genre de changement mais qui n’y trouveraient pas la motivation réelle ? En ce qui vous concerne, aviez-vous une réelle motivation d’ordre physique etc…. ?

Je leur dirai de prendre le problème autrement, de réfléchir sur leurs essais passés et d’essayer d’analyser pourquoi les changements entrepris n’ont pas tenu dans la durée, pour en tirer des leçons et ne pas recommencer les mêmes erreurs, c’est comme ça qu’on avance ; avec bienveillance, observation, compréhension et modifications des comportements démotivants.

Pour ma part ma motivation c’était le plaisir ! A chaque fois, je me demandais « est-ce que ça te ferait plaisir si : si tu mangeais sainement ? si tu allais au sport ? si tu pouvais t’habiller comme tu veux, etc. ? Et comme la réponse était oui la plupart du temps, ma motivation était grandissante !

  • Comment avez-vous procédé concrètement pour réaliser une telle perte de poids ? Régime alimentaire suivi ?

J’ai commencé à observer comment je mangeais, sans juger, comme on fait un audit !

J’ai repéré les « calories-bêtes », celles mangées de manière automatique, sans véritable plaisir (le morceau de pain en sortant de la boulangerie ou en attendant son plat au restaurant, etc) et je les ai enlevés pour les mettre à des moments où je les savourais pleinement.

Résultat ; quelques kilos perdus sans même faire régime c’était assez motivant pour me donner l’envie de continuer ! Du coup j’ai travaillé ensuite sur la qualité de mes repas puis enfin la quantité de mes assiettes ; j’avais une vision progressive, un changement à la fois.

Cela a été ma méthode à moi, je ne sais pas si elle est généralisable ; c’est la raison pour laquelle je propose à mes patients de les accompagner dans leur introspection afin qu’ils deviennent ainsi leur propre thérapeute, leur propre diététicien et leur propre coach sportif car la meilleure méthode c’est celle qu’on crée soi-même !

  • Activité sportive ? Laquelle? Quelle régularité? Le sport comme véritable PLAISIR et uniquement comme PLAISIR n’est-il pas la source de réussite et de bien être selon vous ?

J’ai rencontré le sport sur le tard et je le déplore car si j’avais su plus tôt de quel bien incroyable je me privais je ne m’en serais jamais faite dispenser à l’école !

J’ai commencé le sport tardivement, à 38 ans. Au départ j’y allais une ou deux fois par semaine, exclusivement du cardio, je suis vite devenue accro au bien-être que je ressentais ! En sortant je me disais vivement la prochaine fois !

Aujourd’hui, 4 ans après, je vais à la salle 4 à 5 fois par semaine, non pas parce que je souhaite encore perdre du poids mais parce que ça me fait du bien, parce que j’ai plaisir à y aller, parce que c’est un moment où je prends soin de moi !

  • On le dit trop peu souvent mais l’alimentation, le stress, et l’activité sportive sont trois éléments pouvant avoir de grands impacts les uns avec les autres… Qu’en pensez-vous ? Quel est votre avis d’experte ou de professionnelle quant à ce sujet ?

Beaucoup d’entre nous ont tenté de perdre du poids et/ou de se sentir mieux en faisant uniquement un régime dans l’espoir qu’une fois amincie notre vie et/ou notre estime de nous-même sera meilleure… c’est pas faux mais c’est pas vrai non plus !

Se sentir bien c’est avoir une vision globale de soi : prendre soin de son assiette certes, mais prendre soin de sa tête et prendre soin de son corps ! C’est le tiercé gagnant à coup sûr !

  • Aujourd’hui, comment vous sentez-vous dans ce nouveau corps ? De nouveaux challenges avenir ?

Je ne fais qu’un avec lui, c’est comme si j’avais recousu ma tête sur mes épaules. Il n’est plus l’ennemi contre lequel me battre, au contraire, c’est mon allié. Il m’a soutenu à 120 Kg ( dans tous les sens du terme d’ailleurs), maintenant c’est à moi d’en prendre soin !

Le fitness en est un à part entière : c’est grâce à la musculation que mon regard sur mon corps a changé et que je me sens forte psychiquement. Mon parcours m’a appris que rien n’était impossible alors qui sait peut-être qu’un jour je me lancerai dans l’aventure de Miss Bikini, catégorie sénior … ou pas !

  • Finalement comment se sentir sereine et bien avec son propre corps une bonne fois pour toute ?

Arrêter de se faire du mal en pensant que c’est pour son bien. Prendre soin de soi c’est tout le contraire : il faut écouter ses envies, ses projets et son corps et trouver un terrain d’entente entre les trois. Se demander si on aime la vie que l’on a actuellement et si ce n’est pas le cas se donner les moyens de changer cela, avec bienveillance, patience et persévérance. Et vous verrez que plus vos nouveaux choix vous plaisent et vous font du bien, et plus vous aurez envie de les conserver une bonne fois pour toute.

  • Quel est ton mantra ? Ton dicton mentor ?

J’en ai plein, en fait, j’arrête pas de me dire plein de trucs depuis des années car la motivation ça s’entretient :

« Tu vas y arriver, tu ne connais pas la date mais tu vas y arriver. »

« Deviens celle que tu veux être (déclinable : sois celle que tu es). »

« Si tu veux que les choses changent, change toi-même. »

« C’est pas fini tant que la cloche n’a pas sonné (emprunté à mon mentor Rocky pour l’esprit combattif). »

Et surtout je dis à toutes les femmes, mes patientes comme aux autres :

« Si je l’ai fait, vous pouvez le faire ! »

Pour celles qui souhaiteront échanger avec notre Dame Tangerine du mois et pourquoi pas se lancer dans une aventure vers soi aussi positive; n’hésitez pas à vous adresser à Karen, psychologue et coach spécialisée dans les troubles du comportement alimentaire (TCA) : www.psychologue-trouble-alimentaire-paris.com

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